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24 octobre 1942

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Commandos et Parachutistes Index du Forum » Objectif du forum " Commandos & Parachutistes " » Entretenir la Mémoire de nos armes. » Mémoires de ce jour.
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Jean-Pierre Guilley
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MessagePosté le: Ven 24 Oct 2014, 08:06    Sujet du message: 24 octobre 1942 Répondre en citant


Dimitri Amilakvari est tué au combat lors de la bataille d'El-Alamein.
Il est enterré sur les pentes du Quart el Himeimat.

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Vaincre ou Mourir
Du Ciel au Combat
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MessagePosté le: Ven 24 Oct 2014, 08:06    Sujet du message: Publicité
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MessagePosté le: Ven 24 Oct 2014, 13:57    Sujet du message: 24 octobre 1942 Répondre en citant
Jean-Pierre



En complément:





  • Dimitri AMILAKVARI (1906-1942) - Lieutenant-Colonel commandant la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère.

Le Colonel AMILAKVARI était un prince géorgien, dont les ancêtres avaient acquis par leur courage la charge héréditaire de Commandant en chef de la Cavalerie cosaque du Caucase. 
 
Exilé en France, il travaille comme mécanicien chez Citroën, il est admis à Saint Cyr en 1924 et rejoint alors la Légion Etrangère à la sortie de l'école. 
 
Il participe à la pacification du Maroc. Son courage, son mépris du danger sont déjà légendaires à la Légion lorsque la guerre est déclarée. 
 
Après la Campagne de Norvège de 1940, il gagne l'Angleterre le 18 juin en partant de Bretagne et se rallie au Général de Gaulle, entraînant à sa suite tous ses subordonnés. 1100 légionnaires de la 13e Demi-Brigade constituent ainsi le noyau dur des Forces Françaises Libres. 
 
"Je dois tout à la France, disait-il, je lui dois d'être ce que je suis, je ne l'abandonnerai jamais lorsqu'elle a besoin de moi". 
 
Adjoint du Général Koenig à Bir Hakeim, il mène toutes les contre attaques et de ce fait, prend un part importante à la résistance opposée aux 4 Divisions que commande Rommel en personne. 
 
Une promotion de Saint Cyr porte son nom. 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
Ci-dessous, le texte prononcé par le Général Bernard Saint Hillier, à l'occasion de la visite de la Promotion AMILAKVARI à la Chancellerie de l'Ordre de la Libération, le 24 octobre 1992, date du 50e anniversaire de la mort du Lieutenant-Colonel AMILAKVARI 
 
 Mes chers camarades,
 
Dans la revue « Saint-Cyr » de décembre 1954, le Général Catroux écrit à propos du Lieutenant Colonel Amilakvari, « la vie d'un de leurs aînés de la Promotion du Rif, qui ne fut gouvernée que par de nobles pensées mérite d'être connue des Saint-Cyriens d'aujourd'hui et d'être l'objet de leurs mâles méditations ».
Il y a 37 ans, votre Promotion choisissait le nom de ce chef prestigieux, personnalité attachante, Officier modèle.
 
Lorsque la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère est mise sur pied en Février 1939, pour combattre en Finlande, je suis affecté à la Compagnie d'accompagnement que commande le Capitaine Dimitri Amilakvari. A compter de cette date je ne le quitterai plus jusqu'à l'instant de sa mort : voilà pourquoi je m'adresse à vous aujourd'hui.
 
Depuis mon arrivée à la maison-mère de la Légion à Sidi-Bel-Abbès, j'ai pu admirer son énergie infatigable, son efficacité, et vu percer sous l'intransigeance qu'il montre dans son commandement, la sollicitude qu'il porte à ses Légionnaires : merveilleuse leçon pour un jeune Officier.
 
Avant d'évoquer sa carrière militaire, il est important de rappeler brièvement son ascendance, il y puisa en effet maints exemples d'honneur et fidélité, devise de la Légion.
Il appartient à la famille des Sadguinidzé, noble avant les croisades. Au temps où Madame de Maintenon dirigeait la Maison d'Education de Saint-Cyr, son ancêtre Jonathan se sacrifiait pour sauver la vie de son Roi, et gagnait alors pour sa lignée le nom d'Amilakvari, Grand Ecuyer de la couronne géorgienne, ayant charge héréditaire de commandant de la Cavalerie Cosaque du Caucase. Son blason s'orne alors de l'aile de l'Archange Saint-Georges qui figure sur votre insigne de promotion.
 
Né le 30 octobre 1906 à Gori, le jeune Dimitri Amilakvari connut les journées exaltantes de l'indépendance de la Georgie, qui se détache en 1918 de l'ensemble des territoires de la Russie, puis viennent les jours sombres de l'intervention de l'Armée Rouge qui instaure en 1921 dans sa Patrie, le régime soviétique. Sa famille est contrainte de quitter son pays, gagne Constantinople, puis vient s'installer en France, son caractère se trempe aux souffrances de l'exil et au travail manuel nécessaire pour vivre.
 
En 1924 il entre à Saint-Cyr et appartient à la promotion du Rif ; nommé Sous-Lieutenant, il rejoint la Légion. Muté en 1929 au 4ème Etranger, il sert sous les ordres du Colonel Catroux et participe en 1932 aux opérations de pacification du Maroc, dans le Haut Atlas. Deux fois cité pour son courage il a su s'imposer à ses hommes, ses camarades, ses chefs, par son prestige, sa droiture, son idéal ; aimé de tous il est devenu une figure du Régiment.
Il appartient à la Compagnie du Capitaine Koenig quand il quitte le Maroc.
 
Le 14 juillet 1939, il est ce magnifique Officier, à la belle carrure que la foule acclame sur les Champs-Elysées lorsque les « képis blancs » défilent à Paris pour la première fois depuis la parade de la Victoire de 1918.
A la déclaration de guerre, il se fait naturaliser Français afin d'assurer en cas de malheur l'avenir de son épouse, née Princesse Irène Dadiani de la famille régnante de Mingrélie. Il a perdu à Bel-Abbès l'aîné de ses trois enfants.
En mars 1940, « La 13 » embarque à Oran sur les Croiseurs «Marseillaise» et «Jean de Vienne». Le Capitaine Amilakvari me confie alors un passager clandestin, qui fera parler de lui: le Capitaine Koenig.
 
C'est un vendredi 13, en mai 1940, que la 13ème Demi-Brigade écrit le premier chapitre d'une longue histoire vécue au cours d'un périple de 92 000 kilomètres qui la conduira à la Victoire. Il fait froid ce jour là, il pleut, et toute la nuit, une violente tempête de neige a sévi sur le Rombaken Fjord ; sous les ordres du Colonel Magrin-Verneray, la Légion exécute le premier débarquement de vive force d'une guerre qui en comptera tant d'autres.
Dans l'amphithéâtre que forme au fond du fjord un cirque de montagnes abruptes, une imposante flotte britannique nous appuie, en tête de mât, tous les bâtiments arborent un immense drapeau français. Malgré le plan de feu allemand les Légionnaires débarquent, le Capitaine Amilakvari, un mousqueton à la main, nous entraîne à l'assaut de la cote 98 qui domine le camp d'Elversgaart.
J'installe mes pièces, observe l'avance des voltigeurs que j'appuie, quand le Capitaine me rappelle à l'ordre d'une façon très brutale « vous ne voyez pas que c'est sur vous que l'on tire, espèce de c... ». La scène n'a heureusement pour témoins que huit jaegers qui dorment pour l'éternité. Quelques jours après, le 18 mai, le Capitaine a l'occasion de vérifier qu'il a la baraka, une balle traverse sa cagoule à hauteur de la gorge, il a ressenti une impression de brûlure. Depuis ce jour, le Capitaine Amilakvari n'est jamais allé au combat sans sa pèlerine ou sa cagoule, jamais...sauf le dernier jour de sa vie, il allait avoir 36 ans.
 
Après avoir enlevé Narvik et repoussé en Suède l'élite des troupes allemandes -jaegers et parachutistes – la « 13 » est de retour en Bretagne, le 13 juin. Le Capitaine Amilakvari fait alors partie de la reconnaissance d'Officiers chargée de préparer la défense du réduit breton. Devançant les Bataillons, cette équipe se fraie un chemin au travers de la foule désordonnée des civils apeurés et de militaires affolés avant de se retrouver cernée par des Allemands. Après un jeu de cache-cahe avec les panzers, nos Officiers arrivent en Grande-Bretagne le 22 juin en passant par Jersey, en route, ils ont recueilli le Capitaine Koenig de retour de Namsos.
Les Bataillons ont échappé de justesse à la capture, à Dinan, embarqués à Brest, ils arrivent en Angleterre le 20 juin et campent près de Liverpool. Là nous prenons connaissance de l'Appel lancé par le Général de Gaulle : Magrin-Verneray (alias Monclar), Koenig, Amilakvari, résistent aux sollicitations des Chefs militaires qui nous pressent de partir au Maroc ; ils entraînent derrière eux 1100 Légionnaires, sur les 15000 hommes présents en Angleterre, ceux-ci forment le « noyau des Forces Françaises Libres ». Le Colonel déclare « nous saurons tirer les dernières cartouches au nom de la France, pour son honneur et la fidélité à la parole donnée ». Koenig est prêt à servir même dans l'armée britannique, Amilakvari déclare : « je dois tout à la France, ce n'est pas au moment où elle a besoin de moi que je l'abandonnerai ».
Et le 14 juillet notre Capitaine défile à Londres,en tête des Légionnaires devant le cénotaphe du soldat inconnu, puis dépose une gerbe au pied de la statue du Maréchal Foch, sur le ruban tricolore est écrit « passant, va dire à la France que la Légion Etrangère est là ».
 
A la tête de ses 2000 volontaires, aviateurs et combattants de toutes armes de l'Armée de Terre, le Général de Gaulle s'embarque à Liverpool pour une expédition lointaine. Le 31 août commence pour la Légion l'épopée de la reconquête qui la mène d'abord à Dakar, au Cameroun puis par le Cap de Bonne Espérance en Erythrée, au sein de la Brigade Française d'Orient que commande le Colonel Monclar. La petite Armée Française Libre représente déjà une force non négligeable, un appoint valable pour les Britanniques avec ses trois bataillons, ses artilleurs, ses sapeurs, ses conducteurs et ses services médicaux et d'intendance qui lui permet de vivre de façon autonome.
Mais dans cette campagne extrêmement dure, menée devant Keren dans des massifs de haute altitude, dépourvus de routes et de pistes, par un climat très rude, froid et humide la nuit, torride le jour, avec pour toute nourriture la « hard ration » composée de corned-beef et de biscuits qu'accompagne une faible ration d'eau, le moral de tous s'en ressent. Les hommes se sentent au bout du monde, en butte à toutes sortes de maladies, risquant la mort devant les ascaris éthiopiens qui se battent bien. Amilakvari est là pour réconforter ses Légionnaires dont il était très proche.
 
La prise de Massaoua entraîne la reddition de l'Armée italienne de l'Afrique Orientale qui depuis trois mois nous tenait tête. La liberté de navigation sur la Mer Rouge est rétablie permettant le ravitaillement de l'Armée du Nil. La Légion qui a joué le rôle principal dans cette Victoire fête Camerone en territoire conquis.
En mai 1941, « la 13 » fait partie de la 1ère Division Française Libre rassemblée en Palestine pour prendre part à la guerre de Syrie. Ce sont de cruels souvenirs qu'évoque en nous la campagne que nous avons dû engager. Le Commandant Amilakvari obtient que son Bataillon ne soit engagé que dans le cas de nécessité absolue. Jusqu'au 15 juin la Légion subit plusieurs mitraillages d'avions et bombardements sans réagir, mais ce jour là, une contre-attaque de chars adverses se termine par un massacre inutile de Légionnaires de la Compagnie de Bollardière, la Légion s'engage alors et entre dans Damas le 21 mars.
Après la Compagnie du Levant, Amilakvari nommé Lieutenant-colonel prend le commandement de la 13ème D.B.L.E. puissamment renforcée par le ralliement de 2000 Légionnaires venus du 6ème Etranger.
 
Le 19 octobre 1941, à Homs, une prise d'armes donne lieu à l'une de ces images fortes qui illustrent le livre d'or de la Légion. Le Lieutenant-Colonel Amilakvari, un genou à terre, reçoit des mains du Général Catroux le drapeau de la Demi-Brigade, puis il embrasse longuement son emblème.
Grâce aux renforts venus de l'Armée du Levant la France pourra être présente au combat. Malgré les difficultés suscitées par les Britanniques, 10.000 Français Libres sont engagés en Libye au cours de l'année 1942 et parmi eux les trois Bataillons de la 13ème D.B.L.E.
Le 1er janvier 1942 la 1ère Brigade Française Libre, forte de 55000 hommes, campe au pied des pyramides, le Général Koenig la commande, le Lieutenant-colonel Amilakvari est son adjoint. Pendant cinq mois la Brigade fournit des groupements interarmes « les jock columns » qui naviguent dans le désert, harcelant les forces italo-allemandes, leur causant des pertes sensibles de blindés, abattant des avions, faisant des prisonniers. Amilakvari est à la tête de l'un de ces groupements.
 
Depuis le mois de février la 1ère Brigade occupe, à l'extrémité sud de la position défensive britannique, un coin perdu du désert qu'elle fortifie, Bir Hakeim. Les 2ème et 3ème Bataillons de la 13 sont là.
Le 26 mai Rommel entreprend, par un vaste mouvement tournant, de contourner la ligne anglaise par le Sud. Bir Hakeim subit le choc de la Division Blindée italienne Ariete, celle-ci se casse les dents sur le 2/13, elle est décimée par les canons anti-chars de la Compagnie Lourde de Sairgné, et ceux de la Compagnie anti-chars Jacquin de l'Infanterie de Marine. L'Africa Korps a poursuivi son mouvement, le Lieutenant-colonel Amilakvari mène alors une guerre de course sur les arrières ennemis, coupant son ravitaillement, détruisant sa logistique. A court d'essence et d'eau, Rommel est contraint à la retraite, mais il réussit à percer la ligne de défense britannique, se ravitaille et reprend l'offensive. Il ne peut laisser sur ses arrières la menace que font peser les Français, il a d'ailleurs reçu l'ordre de les détruire du commandement suprême du théâtre d'opérations, ordre donné en exécution d'une directive d'Hitler « tous les Gaullistes sont là, les anéantir c'est réduire d'un seul coup l'esprit de résistance des Français », confirmée en ces termes par Mussolini « conquérir dans un premier temps Bir Hakeim qui présente les deux aspects politique et militaire ».
Le siège de Bir Hakeim commence, l'investissement est total. Le Lieutenant-Colonel a la charge des réserves, il mène les contre-attaques, circule dans l'enfer de Bir Hakeim sans voir semble-t-il la notion physique de la peur, il n'est pas toujours agréable de l'accompagner quand on est son adjoint.
Le 10 août 1942, le Général de Gaulle remet la Croix de la Libération au Lieutenant-Colonel Amilakvari qui reçoit la 5ème citation à l'Ordre de l'Armée.
 
Le 23 octobre 1942, la 1ère Brigade est en ligne à El Alamein. Elle a pour mission d'attaquer le plateau de l'Himeimat, que défendent 2 Bataillons italiens des Divisions Pavie et Folgore en abordant cet escarpement abrupt par le Sud, tandis que la 7ème Division Blindée doit s'emparer de l'objectif par le Nord. Cette action a pour but d'attirer la 21ème Panzer allemande afin de l'empêcher d'intervenir dans le Nord où Montgomery veut réaliser la percée.
Protégée sur leur flanc gauche par la Colonne Blindée Française (Compagnie de chars Divry, 2 Escadrons d'A.M. du 1er R.M.S.M. de Rémy) 1/13 et 2/13 mèneront l'assaut.
L'opération est difficile, trois champs de mines que protègent l'objectif situé à 16 kilomètres de la base de départ, il présente un escarpement d'une centaine de mètres dominant la plaine qui empêche d'observer les tirs d'Artillerie.
Le Lieutenant-colonel Amilakvari commente ainsi l'ordre d'opération qu'il reçoit « ce n'est pas la première fois que l'on nous demande quelque chose d'impossible, mais cette fois, c'est tellement c... que cela peut réussir ».
 
Dans la nuit du 23 octobre, la pleine lune que Mongomery attendait pour attaquer éclaire la marche de la Légion. La progression est pénible, les véhicules radio s'enlisent dans le sable mou, les sapeurs ouvrent enfin un passage dans les champs de mines pour nos blindés : l'Artillerie italienne réagit déjà causant quelques pertes. Après 4 heures de marche lente et pénible les Bataillons sont en place, l'écran des blindés protège leur gauche.
 
Après plusieurs tentatives, le 1/13 ne réussit pas à déboucher, arrêté par le plan de feu sans faille des parachutistes de la Folgore. Les armes automatiques et les mortiers ont raison de l'ardeur des Légionnaires, les pertes s'accumulent : soudain des Panzer du 33ème de Recce surgissent sur la gauche du Bataillon le contraignant au repli.
Afin d'être au rendez-vous avec la 7ème Blindée anglaise dont il attend la protection sur le plateau, Amilakvari donne l'ordre du 2/13 d'enlever la hauteur : il est près de 5 heures. Sous le feu, sans faiblir, la Légion gravit la pente abrupte, elle enlève l'objectif à la grenade et à la mitraillette, faisant 108 prisonniers et capturant un canon de 105. Le plateau est jonché de nombreux cadavres italiens.
 
Le choc des contre-attaques est rude, des Légionnaires sont même blessés à coup de poignard. Mais nous sommes sans nouvelle de la 7ème Division Blindée qui, dans la plaine, se trouve encore au milieu des champs de mines. Soudain les Panzer du Groupement Kiehl entrent en scène. Vers 7 heures, après une heure de corps à corps, le 2/13, faute d'anti-chars et d'appui d'Artillerie précis, doit entamer son repli. Dans la plaine le Lieutenant-colonel fait former un hérisson défensif sur un mamelon très en vue de l'ennemi : les blessés sont évacués. Jusqu'à 9 heures la Légion s'accroche au terrain : 1 auto-mitrailleuse et 3 chars allemands brûlent, mais les 105 Italiens jouent aux quilles avec nos véhicules. Le Lieutenant-colonel donne ses ordres, indifférent au feu de l'Artillerie, toujours aussi calme alors que la situation est critique. Il est debout, en képi, et les Légionnaires ont confiance puisqu'il est là – il a perdu sa pèlerine-.
 
A l'instant où l'ordre de retraite nous parvient le Sous-Lieutenant Bourdis rend compte que 5 chars allemands ont réussi à contourner la position et vont nous couper la route, tandis que les éléments à pied se replient directement au travers du champ de mines, les éléments lourds livrent combat pour atteindre le passage ouvert durant la nuit. Les canons de 75 de la Compagnie Simon sont traînés à bras, les pourvoyeurs portant les obus, les pièces se mettent en batterie à tour de rôle et tirent.
 
Le Colonel est triste, il a laissé au flanc de l'Himeimat quelques blessés, ceux-ci rassemblés par l'Adjufant-Chef Branier combattront jusqu'à épuisement de leurs munitions, leur chef se fera sauter la poitrine avec une grenade pour ne pas être capturé. Le 2/13 progresse, le Capitaine Arnault en tête, en serre-file le Colonel, le Docteur Lepoivre et moi. L'ambiance est lourde, le Colonel a perdu sa pèlerine. Deux stukas nous survolent, mitraillent, personne ne bronche. Mais le Blindé léger, qui sert d'observatoire à l'Officier d'Artillerie britannique, vient à nous. Il a été renvoyé par le Général Koenig à qui il était allé de sa propre initiative rendre compte.
Il veut prendre à son bord le Colonel pour le ramener, Amilakvari répond « ma place est à la Légion, au milieu de mes hommes » et le 105 ennemi qui avait cessé de tirer reprend, l'automitrailleuse est à peine partie qu'un obus explose au milieu de notre petit groupe. Amilakvari s'est retourné au bruit, un éclat l'a atteint à l'œil, il s'abat, porte ses mains à sa tête, en râlant. Le Docteur Lepoivre est blessé dans le dos, je suis couvert de sang, il est 10 heures. Les chars allemands approchent, je tire les corps à l'abri d'un monticule et j'appelle à l'aide. Le char de l'Aspirant TOUNY vient à nous. Le Colonel et le Docteur sont hissés sur la plage arrière et je me retrouve seul dans la plaine où les obus ennemis saluent une dernière fois mon chef et mon ami.
 
« Je maudirai les Anglais si je ne termine pas la guerre sur un char » avait-il déclaré à ses chefs, ceux-ci lui avaient promis de satisfaire son désir et la 13 méritait bien de devenir une Unité Blindée, « mais les promesses » disait Monclar, n'engagent que ceux à qui elles sont faites ». Et c'est sur un char que le Colonel revient mortellement blessé.
 
En ce soir de bataille quatre légionnaires portent sur l'épaule le corps de leur chef, que le Général Koenig veut veiller dans sa tente. Dans le soleil rouge du couchant les Légionnaires d'escorte ont allumé des torches pour l'accompagner. On entend nos Artilleurs tirer des salves à intervalles réguliers : c'est à la fois grandiose et infiniment triste.
 
Ainsi mourut le Lieutenant-colonel Amilakvari, Prince Georgien, Compagnon de la Libération.
 
 
Général Saint Hillier






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Jean-Charles FOUQUET
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MessagePosté le: Ven 24 Oct 2014, 14:56    Sujet du message: 24 octobre 1942 Répondre en citant


UN grand MERCI à vous, Jean-Pierre et Daniel.

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Le courage ne se contrefait pas, c’est une vertu qui échappe à l’hypocrisie.
Napoléon Bonaparte

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MessagePosté le: Ven 31 Oct 2014, 21:34    Sujet du message: 24 octobre 1942 Répondre en citant
merci   Jean-pierre  et daniel  !!! [img]http://img.xooimage.com/files24/7/2/b/content_12351_prev-1d25dd1.gif[/img]
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qui ose vaincra ! 9 RCP / BOMAP QUE ST MICHEL VEILLE ET PROTEGE CES PARACHUTISTES .CROIRE ET AGIR!!!!!



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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:49    Sujet du message: 24 octobre 1942

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