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Général AUSSARESSES

 
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Jean-Charles FOUQUET
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MessagePosté le: Mer 4 Déc 2013, 16:12    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Paul Aussaresses est né le 7 novembre 1918 à Saint-Paul-Cap-de-Joux, dans le Tarn

En 1941, Aussaresses est élève officier à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr alors transférée à Aix-en-Provence. L'année suivante, il se porte volontaire pour les services secrets en France et intègre les commandos Jedburgh : second de la mission Chrysler, il est parachuté dans l'Ariège dans la nuit du 16 au 17 août 1944.

Alors qu'il est lieutenant, il participe à la fondation, sous la direction du Colonel Jacques Morlane, du bras armé du Service Action du SDECE, le 11e bataillon parachutiste de choc (renommé 11e demi-brigade Parachutiste de Choc en octobre 1955), le 1er septembre 1946. Il y est affecté administrativement tout en restant en poste au 3e bureau de l'État-major. Il prend le commandement, officiel et effectif, du 11e Choc à partir du 1er mai 1947. Il sert ensuite en Indochine dans le 1er régiment de parachutistes coloniaux.

En 1955, il est transféré à Philippeville en Algérie, dans la 41e demi-brigade comme officier de renseignement.

Il remet en place son unité de renseignement qui avait été démantelée après la guerre, et qui se révélait à nouveau nécessaire à l'armée française pour réduire l'insurrection des rebelles algériens.

Le 20 août 1955, le Front de libération national (FLN), met en place une attaque contre Philippeville. Aussaresses a dit avoir eu cette information bien avant l'attaque et avoir ainsi été capable d'empêcher beaucoup de pertes potentielles. Les membres du FLN avaient convaincu des hommes, femmes et enfants de la campagne de se joindre à leur marche. Dans son livre, Aussaresses écrit que son bataillon a tué 134 personnes et en a blessé des centaines, contre 2 morts et une centaine de blessés parmi ses hommes.

Au printemps 1956, il se rend dans un camp d'entraînement secret à Salisbury au Royaume-Uni, pendant un mois, pour préparer l'opération du canal de Suez. En mai 1956, il retourne à Bône (aujourd'hui Annaba) en Algérie, pour continuer son entraînement avec les commandos de parachutistes partant pour le canal de Suez. Le 1er juin 1956, il est victime d'une fracture spinale durant un exercice, ce qui l'empêche de participer à l'opération du canal de Suez.

Le général Jacques Massu, qui avait remarqué qu'Aussaresses lors des insurrections de Philippeville avait été le seul informé, fait muter Aussaresses à son état-major pour superviser les OR des unités de la 10e DP. Il procède aux éliminations de Ben Mhidi et Ali Boumendjel en février et mars 1957. En juin 1957, le général Massu réorganise son état-major. Ainsi au binôme Trinquier/Aussaresses de la première phase de la bataille d'Alger (janvier-juin) succède celui de Godard et Léger de la seconde (juin-octobre). La manipulation, l'infiltration prennent le pas sur la coercition pour détruire l'organisation du FLN sur Alger. Aussaresses réintègre comme O.R un régiment de la 10e DP, le 1er RCP, commandé par le colonel Mayer.

Il enseigne ensuite aux États-Unis, à Fort Bragg, QG des forces spéciales américaines (les Bérets verts) et centre d'entraînement à la guerre contre-insurrectionnelle et à la guerre psychologique, et à Fort Benning. Ainsi, le 25 novembre 1962, il rédige à Fort Benning un rapport intitulé « L'armée américaine face à la guérilla ». Aussaresses a ainsi raconté à la journaliste Marie-Monique Robin comment il avait enseigné à Fort Bragg « les techniques de la bataille d'Alger », c'est-à-dire « les arrestations massives, le renseignement, la torture ». Selon le général américain John Johns, qui a bénéficié des enseignements d'Aussaresses à Fort Bragg (et opposant à l'usage de la torture par l'administration Bush), celui-ci leur a expliqué que « dans la guerre révolutionnaire, l'ennemi c'est la population ». Johns peut ainsi affirmer : « Je dois reconnaître que les enseignements d'Aussaresses ont eu un impact considérable sur tous les bérets verts qui sont ensuite partis au Viêt Nam ».

À Fort Bragg, Aussaresses montre au colonel Carl Bernard, affecté dans cette base américaine en 1962, un brouillon du livre du colonel Trinquier, La guerre moderne, que ce dernier qualifie de « manuel de la guerre contre-insurrectionnelle ». Avec Bernard, ils font un résumé du livre, envoyé à Robert Komer, un agent de la CIA qui deviendra l'un des conseillers du président Lyndon B. Johnson pour la guerre du Viêt Nam. Selon C. Bernard, c'est « à partir de ce texte que Komer a conçu l'opération Phénix, qui est en fait une copie de la bataille d'Alger appliquée à tout le Viêt Nam du Sud. (…) Pour cela, on retournait des prisonniers, puis on les mettait dans des commandos, dirigés par des agents de la CIA ou par des bérets verts, qui agissaient exactement comme l'escadron de la mort de Paul Aussaresses ».





Après son séjour aux États-Unis, il est promu colonel, à la tête du 1er RCP, autre unité para, en 1966-1968, et nommé à la section française de l'état-major international de l'OTAN. On lui propose un poste d'attaché militaire, au choix, en Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Grèce ou Brésil, et Aussaresses choisit ce dernier pays « parce que c'était un pays immense ». En octobre 1973, il y est nommé attaché militaire et devient, selon ses propres mots, « grand ami » avec le général João Baptista Figueiredo, alors patron du Service national d'intelligence, qui « dirigeait, avec le commissaire Sergio Fleury, les escadrons de la mort brésiliens ». Il fait « partie du club des parachutistes de la garde présidentielle ». Au Brésil, il donne des cours sur la bataille d'Alger, notamment « au centre d'entraînement des forces spéciales de Manaus, qui était une copie de Fort Bragg ». Selon ses informations, l'ambassadeur Michel Legendre, qui était son chef, était au courant de cette instruction. Le Centre d'instruction de la guerre dans la jungle (Centro de Instrução de Guerra Na Selva) a été créé en 1964 par un décret du maréchal Castelo Branco. Aussaresses y a formé, selon ses mots, « des officiers brésiliens, mais aussi chiliens, argentins, et vénézuéliens, car le centre était unique dans toute l'Amérique latine ». Il nie la « rumeur » selon laquelle on y enseignait la torture sur des prisonniers vivants.

Selon Aussaresses, qui affirme tenir cela de son ami Humberto Gordon, nommé attaché militaire au Brésil en 1964 (et qui deviendra chef de la DINA, la police politique chilienne, en 1980), la junte brésilienne « a aidé considérablement l'action du général Pinochet ». Il affirme avoir rencontré Gordon au Chili vers 1976, s'y rendant « deux ou trois fois » pour « régler un contentieux portant sur la construction d'une usine de nitroglycérine » alors qu'il travaillait comme « vendeur d'armes pour Thomson ».

Le premier chef de la DINA, Manuel Contreras, affirmera à Marie-Monique Robin avoir envoyé « tous les deux mois (…) des contingents de la DINA », au centre de Manaus, « pour qu'il les entraîne » : « Il fut aussi l'instructeur d'officiers brésiliens. Il travaillait surtout à l'Ecole de renseignement de Brasilia, mais il allait régulièrement à Manaus ».

Le 3 mai 2001 paraît, aux éditions Perrin, un ouvrage du général Aussaresses titré Services spéciaux : Algérie 1955-1957, dont le quotidien Le Monde publie, le même jour, des extraits.

Suite à ces révélations, le 4 mai 2001, Jacques Chirac, président de la République, se déclare « horrifié par les déclarations du général Aussaresses » et demande que la Légion d'honneur de Paul Aussaresses lui soit retirée et que le ministère de la Défense prenne des sanctions disciplinaires à son égard.

«Je ne voudrais pas que les hypocrites qui m'ont enlevé la Légion d'honneur, distinction que, moi, j'ai acquise au combat, puissent continuer à nier l'histoire de France», disait-il, désabusé,

Le président Chirac signera un décret qui placera le général Aussaresses en position de retraite alors qu'il était dans la 2e section des officiers généraux. Il restera ensuite le seul officier général des armées françaises sanctionné placé dans cette position administrative.

Le 13 juin 2001, le procureur de la République de Paris fait citer, devant le tribunal correctionnel de Paris, en raison de divers passages figurant dans l'ouvrage :
- Olivier Orban, président-directeur général des éditions Plon (propriétaire des éditions Perrin), pour répondre du délit d'« apologie de crimes de guerre » (en vertu de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse) ;
- Xavier de Bartillat, directeur général des éditions Plon, pour répondre du délit de « complicité d'apologie de crimes de guerre » ;
- le général Paul Aussaresses, auteur, pour répondre du délit de « complicité d'apologie de crimes de guerre ».

Le 25 janvier 2002, la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris reconnaît les trois prévenus coupables des faits qui leur sont reprochés et prononce les condamnations suivantes :
- Olivier Orban et Xavier de Bartillat sont condamnés à 15 000 euros d'amende chacun ;
- le général Aussaresses est condamné à 7 500 euros d'amende ;
chacune des trois associations s'étant portées parties civiles – la Ligue des droits de l'homme, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) et l'association Action des chrétiens pour l'abolition de la torture – se voit allouer un euro de dommages-intérêts et, au titre de l'article 475-1 du code de procédure pénale, une somme de 1 500 euros.

Les trois condamnés ayant interjeté appel, la XIe chambre de la cour d'appel de Paris, dans un arrêt rendu le 25 avril 2003, confirme le jugement prononcé en première instance et alloue en outre à chacune des parties civiles 1 000 euros, en application de l'article 475-1 du code de procédure pénale, au titre des frais d'appel.

La Cour de cassation, dans un arrêt rendu le 7 décembre 2004, rejette les pourvois en cassation introduits par les trois condamnés.

Le 2 juin 2005, Olivier Orban, Xavier de Bartillat et la société des Éditions Plon saisissent la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), en vertu de l'article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le général Aussaresses, quant à lui, ne saisit pas la CEDH et n'est pas concerné par les suites de l'affaire.

Le 15 janvier 2009, la Cour européenne des droits de l'homme, statuant à l'unanimité, déclare recevable la requête d'Olivier Orban, de Xavier de Bartillat et de la société des Éditions Plon, estime qu'il y a eu violation de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme (article qui encadre le droit à la liberté d'expression) et condamne la France à verser conjointement aux requérants la somme de 33 041 euros pour dommage matériel, ainsi qu'une somme de 5 000 euros pour frais et dépens .

Le général Aussaresses a par ailleurs fait l'objet de plaintes séparées pour les crimes de tortures qu'il avait reconnus dans son livre. Une autre procédure avait été ouverte mais la Cour de cassation l'a rejetée, les crimes de torture commis lors de la guerre d'Algérie ayant été amnistiés.
Dans un arrêt rendu le 15 janvier 2009, la Cour européenne des droits de l'homme condamne la France à son propos. Motif : le livre polémique publié en 2002 par Plon, « Services spéciaux Algérie 1955-1957 », dans lequel l'ancien général évoque la torture et les exécutions sommaires. Les éditeurs avaient été condamnés à l'époque aux côtés de leur auteur pour délit d'apologie de crimes de guerre ou de complicité par le tribunal correctionnel de Paris, décision confirmée en appel et en cassation

[...]L'objectif du général Aussaresses a-t-il été de persuader le lecteur de la légitimité, de l'inévitabilité de la torture et des exécutions sommaires pratiquées durant la guerre d'Algérie, comme en a conclu la cour d'appel ? Non, souligne la justice européenne, qui voit "avant tout dans l'ouvrage litigieux le témoignage d'un ancien officier des services spéciaux missionné en Algérie, acteur central du conflit directement impliqué dans de telles pratiques dans l'exercice de ses fonctions.

[...]"Je suis réhabilité, et c'est l'essentiel. J'avais été condamné de manière injuste, le président Bouteflika l'avait dit au journaliste Jean-Pierre Elkabbach lors du voyage du président Chirac en Algérie : 'Le général Aussaresses n'a agi et écrit qu'en faisant son devoir.' Je n'ai pas eu la lâcheté de dire que tous mes actes avaient été accomplis sur ordre."

La vie du vieux général bascule.
Ses trois filles le renient. L'une d'elles refuse de porter désormais son nom.
Son épouse, Odile Charton, une ancienne résistante, qui a fait partie du fameux réseau Brutus de Gaston Defferre, ne quitte plus son lit. Elle meurt quelques mois plus tard.
Quant à la seconde famille d'Aussaresses – l'armée –, elle lui tourne le dos. Certains généraux à la retraite – en particulier, un ancien chef d'Etat-major des armées – craignent d'autres révélations, les mettant en cause directement… Aussaresses reçoit des menaces. A trois reprises, il est visé par des attentats : deux fois, un colis piégé est désamorcé sur le palier de son domicile parisien. Et un jour, sur la place de la Bastille, il échappe de justesse à une balle. Un de ses amis, qui l'accompagne et lui sert de garde du corps, reçoit le projectile dans la cuisse.

Paul Aussaresses ne comprend pas ce qui lui arrive. Ainsi, on le condamne de tous côtés, non pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'il a dit. Jusqu'à sa mort, il ruminera ce qu'il considère être comme une injustice profonde.
_________________
Le courage ne se contrefait pas, c’est une vertu qui échappe à l’hypocrisie.
Napoléon Bonaparte

Légionnaire un jour,Légionnaire toujours.



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MessagePosté le: Mer 4 Déc 2013, 16:12    Sujet du message: Publicité
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Jean-Pierre Guilley
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MessagePosté le: Mer 4 Déc 2013, 19:13    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Merci Jean-Charles de lui rendre hommage alors que Paul Aussaresses vient de rejoindre Saint Michel.


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MessagePosté le: Jeu 5 Déc 2013, 08:58    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Merci Jean-Charles, voilà une doc bien étayée sur le Général.
"Sois grand, mais tais toi" !!!
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MessagePosté le: Dim 8 Déc 2013, 18:34    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Le général Aussaresses restera pour moi un de ceux qui ont gagné la bataille d'Alger. Contrairement à certains, il n'a pas hésité à plonger ses mains dans la merde et le sang. C'est à ce prix qu'il a sauvé des tas de vies d'innocents, jusqu'alors victimes des attentats quotidiens que le FLN perpétrait en 1957 dans toute la ville. Je lui en suis reconnaissant car moi je n'oublie rien. Qu'il repose enfin en paix.
Merci J.Charles d'avoir une pensée pour lui.
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jacky alaux
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MessagePosté le: Dim 8 Déc 2013, 18:40    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Tout est dit, ANDRÉ . :ab


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Jacques bindocci
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MessagePosté le: Lun 9 Déc 2013, 21:06    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
hommage et respect a ce tap de haute envergure repose en paix aupres de st michel !!!
_________________
qui ose vaincra ! 9 RCP / BOMAP QUE ST MICHEL VEILLE ET PROTEGE CES PARACHUTISTES .CROIRE ET AGIR!!!!!



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Roger
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MessagePosté le: Mar 10 Déc 2013, 00:46    Sujet du message: Général AUSSARESSES Répondre en citant
Il a fait son devoir de soldat, paix à son âme.
_________________
Si la guerre est horrible, la servitude est pire.
Winston Churchill



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